06.03.2011

Le financement des partis, le défi démocratique

 

La démocratie n'est pas un système politique figé, au contraire, la démocratie, comme la société, est en perpétuel changement. En 1789, le tiers état s'est battu pour prendre part au pouvoir, le 20e siècle a vu les femmes lutter pour avoir également leur mot à dire. Pour que la démocratie reste démocrate, il faut toujours la réadapter aux besoins et aux changements de la société.

Comme vous le savez, le mot démocratie, du grec « démos cratos », signifie pouvoir par le peuple. Pour exercer son pouvoir, le peuple doit se prononcer sur des sujets de société après avoir pris connaissance des différents arguments donnés par chaque partie. Ce système présuppose donc un forum de dialogue ouvert, qui doit idéalement donner « un temps de parole » égal à chaque partie afin que les citoyens puissent se faire une opinion éclairée du thème discuté. En réalité, donner le même temps et espace de parole à chaque point de vue est impossible. Néanmoins une trop grande disproportion entre les différents protagonistes du débat est néfaste et même dangereuse à long terme pour la démocratie.

Aujourd'hui, aucune règle n'est prévue dans notre système politique pour qu'il existe une telle égalité dans les débats. L'exemple le plus flagrant est bien entendu celui de l'UDC qui dépense des millions pour son marketing et pour ses fameuses affiches, ce qui a pour sûr une influence sur le résultat des votations. Ceci nous amène à un autre aspect, encore plus préoccupant : la transparence. Rien n'oblige les acteurs de la démocratie suisse à montrer patte blanche envers le peuple, par exemple en rendant publique leurs budgets.

Pour une meilleure démocratie, il faudrait donc, tout d'abord instaurer des règles de transparence durant les campagnes de votations et élections. Les citoyens devraient savoir combien dépensent les partis, et d'ou proviennent les fonds utilisés. Il faudrait ensuite réfléchir à savoir comment éviter une disproportion trop grande des moyens financiers entre les différents acteurs démocratiques afin que les citoyens puissent se forger une opinion fondée sur des faits rationnels, sans être trop manipulés par un marketing politique grandissant.

 

25.02.2011

La nuit en ville

 

La Nuit en ville

 

Genève, place des volontaires, un samedi comme un autre, il est minuit quarante cinq. Une centaine de personnes attendent de pouvoir entrer dans l'unique vestige de la culture alternative à Genève. L'Usine. L'Usine faisait partie il y a encore quelques années d'un ensemble de lieux de divertissement nocturne à Genève.

Une des particularités de ces lieux est qu'on peut y entrer habillé comme on le souhaite, avec qui on veut et sans se demander si l'on va être refoulé parce que nos chaussures ne sont pas bien cirées. Aujourd'hui, l'Usine est presque le seul endroit de ce genre à Genève.

Chaque week-end, l'Usine fait face à une affluence jamais vue auparavant. C'est à dire qu'il existe une vraie demande pour ce type de lieux décontractés à Genève. Il y a quelques mois, à la fermeture du MOA, tous les partis politiques s'accordaient pour dire qu'il y avait un manque de lieux de divertissement dans notre ville et qu'il fallait y remédier au plus vite. Aujourd'hui, il semble que les belles paroles et les prétendues volontés de changement de certains (souvent ceux qui ne s'étaient jamais préoccupé du sujet) se sont effacées. On entend de nouveau dire que l'Usine coûte trop cher et si ce n'est par la volonté du département de la culture de faire des états généraux de la nuit (1er au 5 mars), le thème serait absent des médias et peut-être aussi des consciences.

La culture, toutes les cultures, sont importantes pour le bien être de la société. Genève a besoin de lieux de divertissement nocturne appropriés à la demande. Alors soutenons les projets émergents comme celui de l'association ARV (Association pour la reconversion des Vernets) et continuons à soutenir l'Usine car sans nuit, Genève s'ennuie.

 

28.11.2010

Renvoi automatique

Aujourd'hui 28 novembre 2010, un an exactement après l'acceptation de l'initiative contre les minarets, le peuple suisse a de nouveau accepté une initiative UDC. Une Initiative qui ne résout pas le problème qu'elle dénonce, pire, le peuple suisse a de nouveau accepté une initiative violant le droit international, notamment la Convention Européenne des Droits de l'Homme.

Pour l'UDC l'acceptation de l'initiative est une victoire de la démocratie et une victoire de la souveraineté nationale.

L'idée que nous sommes totalement souverains sur notre territoire est une fausse idée, une idée dépassée et qui s'avère même dans une certaine mesure dangereuse.

En 2010, aucun état ne peut vivre en totale autarcie, les relations avec les autres pays sont indispensables. Ces relations interétatiques ont peu à peu crée un tissu de règles que l'on appelle le droit international et qui chapeaute tous les systèmes juridiques internes, celui de notre pays y compris.

Les règles de droit international les plus « connues » par le grand publique sont bien entendu les droits de l'homme (ou droits humains). L'idée de droits de l'homme est celle que chaque être humain possède des droits inaliénables et universels. Parmi les droits de l'home nous pouvons citer entre autres, le droit à la vie, l'interdiction de la torture, l'interdiction de l'esclavage, l'interdiction de la discrimination ou encore l'égalité devant la loi.

La notion de droits de l'homme est très ancienne, elle remonte selon certaines sources au VIème siècle avant J.-C en Perse. Plus récemment les droits de l'homme ont été codifiés dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948, la Convention Européenne des droits de l'Homme et dans la plus part des constitutions européennes y compris celle de la Suisse aux articles 7 à 36, sous le chapitre « droits fondamentaux ».

Le droit d'initiative populaire tel que nous le connaissons aujourd'hui permet de soumettre au peuple une modification de la constitution portant sur n'importe quel sujet. Les seuls thèmes qui sont bannis sont ceux qui violent le droit international impératif (Ius Cogens). La notion de droit international impératif est par nature vague, mais la doctrine et la jurisprudence y incluent des droits tels que l'interdiction de la torture, l'interdiction de génocide ou de crime contre l'humanité. Cela veut dire que tous les droits de l'homme ne sont pas inclus dans cette notion. En conséquence à l'heure actuelle, des initiatives racistes et discriminatoires peuvent être soumises au peuple. Ceci crée dès lors une constitution schizophrène qui garanti à son article 8 l'égalité de tous les êtres humains devant la loi et qui plus loin crée un régime juridique différent pour les étrangers. Ou qui garantit la liberté de conscience et de croyance à son article 15 et qui plus loin interdit à la communauté musulmane suisse de construire des minarets.

La Suisse est une démocratie, certes, mais pas seulement, la Suisse est un état de droit démocratique. Ça signifie que, oui, le peuple est l'ultime souverain mais que ses décisions doivent s'exercer dans un cadre juridique donné. Ce cadre qui est aujourd'hui limité uniquement par le droit international impératif doit absolument être élargi au cadre minimal du respect des droits de l'homme. Concrètement, des initiatives telles que l'initiative contre les minarets et celle pour l'automatisme de l'expulsion des étrangers criminels doivent être déclarés irrecevables pour irrespect aux droits de l'homme et donc ne pas être soumises au peuple. Ce changement ne serait pas une diminution de la démocratie mais une amélioration de celle-ci.

L'acceptation de cette initiative marque un nouveau pas dans le fossé mental que l'UDC cherche à instaurer entre les bons Suisses et les méchants étrangers bouc émissaires du prétendu malheur de notre pays.

 

 

1